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"La violence n'est pas un moyen, mais déjà une pratique"


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*Homophobie : l’UMP exclut (enfin) Vanneste

--> Récidiviste
Homophobie : l’UMP exclut (enfin) Vanneste



(Le 19 avril 2012, contrairement à ce qui a été annoncé, Christian Vanneste n'a toujours pas été officiellement exclu de l'UMP...)


-> Un article lu sur: liberation.fr


Ractions et condamnations se multiplient, à droite et à gauche, après la sortie du député sur la «fameuse légende de la déportation des homosexuels» français.


L’UMP aura mis le temps, depuis les déclarations homophobes de Christian Vanneste de 2005, mais elle le promet, ce mercredi. Le parti présidentiel a décidé «d’inscrire à l’ordre du jour de [son] prochain bureau politique, mercredi prochain, l’exclusion» du député du Nord, à la suite de «propos inacceptables, profondément choquants et intolérables», a annoncé son secrétaire général, Jean-François Copé, qui jure qu'il «ne se dérobera pas».

Vanneste se voit aussi privé de son investiture aux législatives de juin, sur sa circonscription de Tourcoing. «Afin qu’il n’y ait aucune ambiguïté, je vous indique qu’il y aura, dans sa circonscription, un candidat investi de l’UMP», prévient Copé.

Ce sont les dernières déclarations du député ultra-conservateurs, dans un entretien vidéo accordé au site de l'association catholiqe Liberté politique et repéré par LeLab Europe 1, qui ont enfin décidé l’UMP à sévir.

Dans cet entretien de plus de ving minutes mis en ligne le 10 février, Vanneste définit l’homosexualité comme une doctrine. «Qu’est-ce qu’un homosexuel? C’est quelqu’un qui refuse l’autre», assène-t-il face caméra. «Vous en avez beaucoup dans le domaine de la culture, vous en avez beaucoup dans le domaine des médias. C’est-à-dire dans tous les domaines de la communication.» Ce qui expliquerait, selon lui, «un renversement de la proportion du poids de l’homosexualité dans notre société» et «un art consommé de la déformation systématique des faits».

Il veut ensuite balayer «la fameuse légende de la déportation des homosexuels». «Manifestement, Himmler avait un compte personnel à régler avec les homosexuels. En Allemagne, il y a eu une répression des homosexuels et la déportation qui a conduit à à peu près 30.000 déportés, et il n’y en a pas eu ailleurs. Et notamment en dehors des trois départements annexés, il n’y a pas eu de déportation homosexuelle en France. On peut même dire si on veut être méchant - et Monsieur Buisson [conseiller de Nicolas Sarkozy] l’a été lorsqu’il a parlé de la sexualité sous l’Occupation. Lorsqu’un certain nombre d’intellectuels français vont présenter leurs hommages à M.Goebbels, il y en a quand-même la moitié qui sont homosexuels», décrit Vanneste.

«Il faut le virer de l'UMP»

«On ne peut que s’indigner, on ne peut qu’être choqués», a dénoncé Catherine Michaud, secrétaire générale de l’association GayLib, cercle de réflexion associé à l’UMP et qui œuvre notamment en faveur de l’égalité des droits pour les homosexuels. «Vanneste nie la déportation des homosexuels en France, comme Jean-Marie Le Pen à nié l’existence des chambres à gaz.» «Il nous montre une nouvelle fois son vrai visage. S’il a toute sa place au Front national, une chose est claire, il n’a plus sa place à l’UMP», insiste Catherine Michaud.

Si l’historien Mickaël Bertrand (1), spécialiste de la question, estime à 62 le nombre de «déportés qui ont été envoyés dans les prisons et les camps allemands en raison de leur homosexualité», «cela ne signifie pas pour autant que des centaines d’homosexuels français n’ont pas été déportés en tant que juifs, communistes et/ou résistants», rapporte-t-il sur son blog. «Si Vanneste avait tenu de tels propos à l’encontre d’une autre communauté de déportés, il s’en serait naturellement attiré les foudres», explique Catherine Michaud qui dit à Libération «attendre une réaction ferme de la direction de l’UMP».

Le député UMP Franck Riester, qui a rendu publique son homosexualité en décembre, demande aussi des «sanctions fortes à l'encontre de Christian Vanneste» qui tient des propos «inadmissibles et indignes». «Il faut le virer de l'UMP», a tweeté le secrétaire d'Etat (UMP) au Logement, Benoist Apparu.

Thierry Mariani, cofondateur de la Droite populaire à laquelle appartient Vanneste, se désolidarise, également par tweet : «J’ai mené avec Christian Vanneste bien des combats et nos points de vue se rejoignent sur bien des sujets (...). Pour autant, je ne peux me résoudre à le laisser continuer à s’engager sur le terrain de la provocation et sur celui du négationnisme».

«Des affirmations abjectes»

Dans un communiqué, Martine Aubry, première secrétaire du PS, condamne «avec la plus grande sévérité», «des affirmations abjectes, marquées par une homophobie insupportable, qui excluent définitivement M. Vanneste du cercle des élus républicains». Delphine Batho, porte-parole de François Hollande, rappelle qu'«en matière d'homophobie, M. Vanneste est un récidiviste. L'UMP doit immédiatement exclure ce député si elle ne veut pas être implicitement complice de propos aussi odieux.» Selon l'autre porte-parole du candidat PS, Najat Vallaud-Belkacem, «on est très au-dela de l'homophobie: Vanneste est un négationniste. il déshonore bien plus que l'ump qui a perdu son âme et ses valeurs, il déshonore l'Assemblée, la République, la France: c'est une honte qui rejaillit sur tous ceux qui se taisent et baissent les yeux. Nier les faits historiques de déportation des homosexuels n'est pas une opinion, c'est un délit.»

Le numéro deux du FN, Louis Aliot, critique «une vraie bêtise» et prie Vanneste de «relire ses livres d’histoire.»

Vanneste avait été poursuivi pour avoir jugé, en 2005, l’homosexualité «inférieure à l’hétérosexualité» et condamné pour injures homophobes à 3.000 euros d’amende et à 2.000 euros de dommages et intérêts à SOS-Homophobie, Act-Up Paris et au Syndicat national des entreprises gays. Mais la Cour de cassation avait annulé, fin 2008, la condamnation du tribunal correctionnel de Lille, confirmée par la cour d’appel de Douai. Si ses propos «ont pu heurter la sensibilité de certaines personnes homosexuelles, leur contenu ne dépasse pas les limites de la liberté d’expression», avait jugé la Cour de cassation. En avril 2010, il avait écrit, sur son blog, que «l’opposition outrancière entre pédophilie et homosexualité n’est pas fondée», affichant ainsi son soutien au numéro 2 du Vatican, Tarcisio Bertone, qui avait choqué en amalgamant pédophilie et homosexualité.
Par LAURE EQUY, MOURAD GUICHARD

(1) Mickaël Bertrand a dirigé l’ouvrage La déportation pour motif d’homosexualité en France, paru aux éditions Mémoire active.



-> Voir aussi sur post-Ô-porno:


*Homophobie politique: Vanneste récidive.
*Vive le premier mensonge de Sarkozy : Vanneste soutenu par l’UMP

Ecrit par post-Ô-porno, le Mardi 14 Février 2012, 14:20 dans la rubrique "Straightland".
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